11 février 1957, Fernand Iveton guillotiné à Alger

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11 février 1957, Fernand Iveton guillotiné à Alger

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Joseph Andras - Actes Sud

11 février 1957, 5h 10, Fernand Iveton, 31 ans, est guillotiné à la prison Barberousse d'Alger (Serkadji aujourd'hui) en pleine guerre d'Algérie.

Dans ce roman de 156 pages, Joseph Andras, jeune romancier, relate l'arrestation, l'interrogatoire et le procès d'Iveton, militant anticolonialiste, après la découverte de l'engin explosif que cet ouvrier communiste rallié au FLN avait placé le 14 novembre 1956 dans son usine. Il a choisi un local à l'écart des ateliers pour cet acte symbolique : il s'agit de marquer les esprits, pas les corps. Il est arrêté avant que l'engin n'explose, n'a tué ni blessé personne, n'est coupable que d'une intention de sabotage, le voilà pourtant condamné à la peine capitale.

Andras raconte les épisodes qui conduiront à l'exécution capitale de ce militant. Il revient sur son enfance algéroise dans le quartier du Clos-Salembier, aujourd'hui El Madania, et sur sa relation avec son épouse Hélène.

Avant d'être le héros ou le terroriste que l'opinion publique verra en lui, Fernand Yveton fut simplement un homme, un militant communiste qui aima sa terre, sa femme, ses amis, la vie et la liberté, qu'il espéra pour tous.

Quand la Justice s'est montrée indigne, la littérature peut demander réparation. Fernand Iveton a été le seul algérien d'origine française à avoir été guillotiné. Après l'indépendance, il a été reconnu membre de l'Ocfln (Organisation civile du FLN) à titre posthume.

Depuis 1956, le gouvernement Guy Mollet était au pouvoir après avoir obtenu les pleins pouvoirs pour négocier la paix. Au contraire, il a engagé le contingent dans la guerre et intensifié les opérations militaires dont la bataille d'Alger dirigée par Massu et Bigeard, fut un des sinistres épisodes. François Mitterrand qui était le ministre de l'Intérieur a autorisé les exécutions capitales de 45 prisonniers du FLN dont Yveton.

Joseph Andras a remporté le Prix Goncourt du premier roman, mais il a refusé de recevoir ce prestigieux prix littéraire et les 5000 euros dont il est doté. Pour lui, la compétition est en effet incompatible avec l'écriture et la création.

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