8 mai 1945 : fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe occidentale

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8 mai 1945 : fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe occidentale

En France, le débarquement du 6 juin 1944 et la libération de Paris le 25 août semblent marquer la fin de la Seconde Guerre mondiale. De fait, il faudra compter encore 8 mois avant que le conflit ne se termine officiellement en Europe avec la capitulation sans condition de l’Allemagne nazie, signée le 7 mai à Reims, qui prendra effet le lendemain 8 mai 1945 à 23 h 01. Avant d’en arriver là, se livreront les combats les plus meurtriers du conflit.

La jonction des troupes soviétiques et anglo-américaines a lieu le 25 avril 1945 au centre de l’Allemagne. Le 30 avril, le suicide d’Hitler, réfugié dans son bunker de Berlin avec ses derniers fidèles, met fin aux espoirs allemands. L’amiral Dönitz, successeur du Fürher demande la fin des combats aux puissances alliées.

Il avait d’abord tenté de négocier une paix séparée avec les Alliés pour arrêter l’avancée des Soviétiques en Allemagne. Eisenhower avait refusé et menacé de reprendre l’offensive et de soumettre l’Allemagne à un déluge de feu. Depuis des mois, les villes allemandes sont écrasées sous les bombes. Dresde a perdu 30 000 habitants après un bombardement massif. A l’Est, les Russes progressent inexorablement, poussant devant eux une population terrorisée. Dönitz n’a plus le choix et envoie le chef d’état-major de la Wehrmacht au quartier général des forces alliées du général Eisenhower pour signer, dans la nuit du 6 au 7 mai, à 2 h 41 du matin, la reddition sans condition de l’Allemagne. Le chef d’état-major d’Eisenhower et le général soviétique Sousloparov signent l’acte de capitulation au nom des vainqueurs. Le général français Sevez, chef d’état-major du général De Gaulle, est invité en qualité de témoin, à le contresigner à la fin de la cérémonie.

Mais Staline proteste, il exige une cérémonie solennelle à Berlin, occupée par l’armée Rouge. Celle-ci a lieu dans la nuit du 8 au 9 mai à 23 h 16 (heure occidentale), 0 h 16 (heure de Moscou). Le maréchal Joukov invite le maréchal nazi Keitel à signer l’acte de capitulation, en présence du général De Lattre de Tassigny, ce qui explique que les Soviétiques commémorent la capitulation allemande le 9 mai. Keitel sera pendu à l’issue du procès de Nuremberg, pour des exactions dont il a donné l’ordre.

Les chefs d’Etat et de gouvernement alliés, dont le général De Gaulle, annoncent la fin des hostilités en Europe simultanément sur les radios. Aussitôt la nouvelle se répand dans le monde entier. A Paris, à Londres, à New York, des foules immenses envahissent les rues et les places. L’Allemagne a capitulé, la victoire est totale, après 6 ans de guerre, sur les fascistes et les nazis.

Jamais dans l’histoire de l’humanité on n’a connu un tel déchaînement de violence et de destructions. L’Europe est ravagée, l’Allemagne est en ruines. Des dizaines de millions de personnes ont été tuées (on a parlé de 60 millions de morts), en majorité des civils. Le régime nazi a exécuté des otages, torturé en masse, réduit des populations en esclavage, déporté des millions de gens, exterminé 6 millions de juifs par des moyens industriels. Pour l’abattre, les Alliés ont bombardé des civils, rasé des villes, sacrifié des millions de soldats, russes en majorité. Les États-Unis deviennent une puissance planétaire et l’URSS s’apprête à « avaler » la moitié de l’Europe. La France et la Grande-Bretagne ont souffert et sont exsangues. On jette les bases de l’après-guerre, qui devra créer une société équilibrée fondée sur la démocratie, le libre-échange, les réformes sociales et la coopération internationale. A dater de ce 8 mai 1945, un monde nouveau va naître sur les décombres du fascisme.

Mais l’allié de l’Allemagne nazie, le Japon, poursuit la guerre dans l’océan Pacifique contre les Américains. Les bombes atomiques lancées sur Hiroshima et Nagasaki, les 6 et 9 août 1945, contraindront l’Empire du soleil levant à capituler, 4 mois après l’Allemagne. Le 2 septembre 1945, Mamoru Shigemitsu, le ministre des Affaires étrangères, signe la reddition des forces japonaises sur un bateau américain dans le port de Tokyo

Le 8 mai a été déclaré jour férié de commémoration en France le 20 mars 1953. Le caractère férié de ce jour est supprimé en 1959 par De Gaulle et Giscard d’Estaing supprime également la commémoration en 1975. C’est François Mitterrand qui rétablira les deux aspects en octobre 1981.

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