Avril 1915 : le génocide arménien

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Avril 1915 : le génocide arménien

Avril 1915 marque le premier génocide du XXe siècle : le massacre de 1,3 million d’Arméniens d’Anatolie par l’armée régulière turque et les bandes commandées par les plus radicaux des Jeunes-Turcs au pouvoir. Une catastrophe humaine, culturelle et historique d’une envergure sans précédent pour des peuples qui ont vécu ensemble durant des siècles, d’abord pour les Arméniens, mais aussi pour les Kurdes et pour les Turcs.

Ce génocide n’est toujours pas reconnu par l’État turc et toujours nié par une idéologie nationaliste, responsable de bien d’autres méfaits contre les progressistes, les démocrates et les journalistes turcs. Mais des voix s’élèvent aujourd’hui en Turquie pour refuser le négationnisme, pour dire ce qui s’est passé en 1915. Elles sont de plus en plus nombreuses, de plus en plus écoutées.

La grande catastrophe d'avril 1915 doit être officiellement et publiquement reconnue par l’État de la République de Turquie. Cette reconnaissance, cet acte politique et juridique sera un pas important pour l’établissement des responsabilités et pour avancer sur le chemin difficile de l’accomplissement d’un authentique devoir de mémoire en vue d’une réconciliation historique.

Les complicités actives et permissives des puissances européennes de l’époque doivent être établies, celles notamment de l’Allemagne, de la Grande-Bretagne, des États-Unis, de la France et de la Russie tsariste. Car le génocide de 1915 n’est pas simplement le fait isolé de quelques dirigeants voyous et d’un appareil d’État dévoyé et criminel : on ne doit pas oublier qu’il s’est déroulé dans le contexte d’une guerre mondiale qui a contribué à détourner l'attention de l'opinion publique de la monstruosité du massacre.

Ce devoir de mémoire consiste à voir l’histoire du point de vue de la fraternité des peuples, à la juger avec les yeux des victimes ; c’est refuser la parole de haine des nationalismes et des fanatismes religieux de tous bords.

Ces vers de Nazim Hikmet disent avec force l’horizon d'un monde à construire : « Vivre seuls et libres comme un arbre / Fraternels comme une forêt / Telle est notre nostalgie. »

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