Massacre de Thiaroye 1er décembre 1944

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Massacre de Thiaroye 1er décembre 1944

Le massacre de Thiaroye s'est déroulé dans un camp militaire près de Dakar le 1er décembre 1944 quand des gendarmes français renforcés de troupes coloniales ont tiré sur des tirailleurs sénégalais, anciens prisonniers de guerre récemment rapatriés, qui manifestaient pour le paiement de leurs indemnités et pécule promis depuis des mois. Le bilan officiel est de 35 morts. Dans un rapport du 5 décembre 1944, le général Dagnan dénombrait cependant 70 tirailleurs morts.

« Ceux de Thiaroye » sont parmi les premiers prisonniers libérés et il est décidé de les démobiliser, notamment pour une opération de « blanchiment » des troupes françaises. Ils attendent le versement d'un pécule constitué de leurs arriérés de solde (qui aurait dû être versée avant l’embarquement), de la prime de démobilisation. Au lieu de le faire en France, le ministre des colonies leur promet d'être démobilisés à Dakar où ils arrivent le 21 novembre 1944. Trois cents tirailleurs (sur 2 000) avaient refusé d’embarquer en France avant que leur situation soit réglée. En chemin, quatre cents d’entre eux ont à nouveau refusé d’embarquer, après une escale à Casablanca. Les paiements relatifs à la démobilisation n’ont pas lieu : seule une avance sur prime de 1 500 francs leur est versée en octobre, avant le départ de la métropole.

Un groupe qui devait être acheminé sur Bamako refuse de partir le 28 novembre tant qu'il n'a pas été intégralement payé. Cela entraîne la visite du général Dagnan, au cours de laquelle les tirailleurs se font exigeants sur les réponses qu’ils attendent ; sa voiture est bousculée et il ne répond à aucune des questions concernant le règlement de la situation.

Dagnan prend la décision de faire une démonstration de force, en accord avec son supérieur. Des gendarmes, renforcés de soldats issus des 1er, 7e régiment de tirailleurs sénégalais et 6e régiment d'artillerie coloniale, appuyés par un char léger américain M3, deux automitrailleuses et un half-track sont mobilisés.

L'ordre d'ouvrir le feu est donné à l'artillerie et sans sommation le 1er décembre à 3 heures du matin. Le camp est investi au matin et les affrontements ont lieu vers 9h 30 le 1er décembre. Trois cents tirailleurs sont extraits du camp et envoyés à Bamako.

Le combat entraîne officiellement la mort de 35 tirailleurs. Un télégramme du 2 décembre 1944 parle en effet de 24 tués et 11 blessés décédés ensuite, soit 35 morts, et 35 blessés en traitement. Mais un rapport du 5 décembre 1944 évoque « 24 tués et 46 blessés transportés à l’hôpital et décédés par la suite », soit finalement 70 morts parmi les tirailleurs.

Trente-quatre tirailleurs sont jugés le 6 mars 1945, condamnés à des peines allant de un à dix ans de prison, à une amende de 100 francs de l'époque et ils perdent leurs droits à l'indemnité de démobilisation. Ils sont graciés en juin 1947, lors de la venue à Dakar du président de la République Vincent Auriol. « Il ne s'agit pas d'un acquittement, et les veuves de Thiaroye n'ont jamais perçu de pension. »

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