20 juillet 1954 Fin de la guerre d'Indochine

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Il y a soixante ans, le 20 juillet 1954 à Genève, les négociateurs français (Pierre Mendès-France président du conseil) et vietnamiens signaient les accords de cessez-le-feu, couverts par l'autorité de la communauté internationale. Les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Union soviétique et, surtout, la République populaire de Chine « prenaient acte » sans parapher le texte : il était hors de question que le nom de l'émissaire américain se retrouve à côté de celui de l'envoyé chinois.

Un siècle de colonisation française sur cette terre asiatique et une guerre dite « d'Indochine » prenaient officiellement fin. Quelques semaines auparavant, le 7 mai 1954, les derniers défenseurs du camp de Dien Bien Phu, brisés par une bataille continue de cinquante-cinq jours, avaient capitulé devant les soldats aguerris du général Giap accélérant les approches de négociations entamées un an plus tôt au lendemain de la signature de l'armistice coréen, le 27 juillet 1953.

La débâcle de l'armée française marque la fin d'une des premières guerres de décolonisation et sonne le glas d'une forme de domination de l'Occident. Faute d'avoir envisagé un nouveau monde en train de se façonner à l'issue de la Seconde Guerre mondiale et d'entendre les revendications des peuples colonisés, la France s'est enlisée au Viet-nam dans un conflit qu'elle avait provoqué.

Il est fréquent, dans l'historiographie, de dater le déclenchement de la « seconde » guerre d'Indochine, dénommée très vite guerre du Vietnam, au milieu des années 1960. En fait, l'intervention étrangère n'a jamais cessé. Une nouvelle confrontation plus meurtrière encore est en gestation dans le compromis de Genève. Il faut souligner la portée mondiale de la victoire militaire du Vietminh devenue un symbole pour tous les peuples colonisés de l'époque.

Un peu plus de trois mois après la signature des accords de Genève éclatait l'insurrection algérienne, le 1er novembre 1954. Entre-temps, se fortifiait l'émergence d'un mouvement représentant la moitié de la planète et qui s'affirma à la conférence de Bandung en avril 1955, la première réunion des pays non alignés. Au total, vingt-neuf États et trente mouvements de libération nationale y participaient et changeaient le cours de l'histoire.

En 1962, le leader nationaliste algérien Ferhat Abbas reprend dans ses Mémoires une formule choc : « Dien Bien Phu ne fut pas seulement une victoire militaire. Elle est le Valmy des peuples colonisés. C'est l'affirmation de l'homme asiatique et africain face à l'homme de l'Europe. C'est la confirmation des droits de l'homme à l'échelle universelle. A Dien Bien Phu, la France a perdu la seule légitimation de sa présence, c'est-à-dire le droit du plus fort. »

Pierre Mendès France et Chou En Laï à Genève

Pierre Mendès France et Chou En Laï à Genève

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